Bon vent aux éoliennes

Bon vent aux éoliennes

Certes le vent est une source d’énergie qui est loin d’être négligeable et bien que les process d’utilisation de cette force soient encore archaïques (gigantisme, frottements de toutes sortes et pertes nombreuses d’énergie, etc…) les éoliennes, qui vont évoluer considérablement d’ici la fin du siècle, sont désormais nécessaires à l’humanité comme le furent les pylônes qui jalonnent nos paysages.

En en multipliant le nombre intelligemment et raisonnablement, on obtiendra des pourcentages d’assistance électrique au réseau très significatifs, nous n’en doutons pas.

Cependant, nous aimerions que leur implantation obéisse à quelques règles simples et incontournables difficiles à mettre en œuvre dans un marché dérégulé où tous les coups -souvent mauvais-  sont permis. En voici quelques uns:

  • Elles doivent fonctionner dans des zones où des vents scientifiquement avérés en terme de permanence et de puissance sur l’année. Un schéma régional a été établi en ce sens. Il doit être respecté.
  • – Quand elles peuvent nuire à l’harmonie d’un paysage ou la qualité d’un site, et c’est parfois le cas, une large concertation populaire doit avoir lieu pour entériner le projet. Les paysages et les sites font partie du Patrimoine commun et de ce fait, on ne peut se contenter du seul avis des élus et populations locales. La Commission des Sites aura dès lors à se prononcer très fermement et exprimer le point de vue de l’Etat en la matière.
  • Quant il est avéré qu’elles constituent un obstacle à de grands courants de migration, voire un réel danger pour les oiseaux, elles ne doivent pas être implantées. La pérennité des grands écosystèmes qui ont trouvés leur équilibre au fil des siècles, désormais de plus en plus fragilisés par l’activité humaine, est une priorité absolue. L’homme ne peut jouer indéfiniment les apprentis sorciers, à fortiori dans un contexte de gaspillage. Seul un vaste et fort programme d’économies d’énergies peut faire apparaître ce qui est de l’ordre de la nécessité et justifier la mise en œuvre de nouvelles unités de production d’énergie.
  • L’entreprise globale d’exploitation des énergies renouvelables est manifestement d’intérêt général. A ce titre, l’Etat (la nation) doit garder la « haute main » sur l’ensemble des projets, comme ce fut le cas pour le rail pendant de longues années. Il doit en contrôler la nécessité, la validité et la rentabilité. Dans le cadre d’une économie mixte transparente, il doit orchestrer les investissements et l’affectation des bénéfices. Des Régies Communales de l’Energie pourraient le relayer sur le terrain par délégation. Nous aurions alors un vrai et durable service public des Energies. Les opérations financières douteuses et juteuses pour certains, qui fleurissent déjà ici et là, seraient ainsi efficacement jugulées. Les élus locaux et les populations d’administrés seraient dès lors à l’abri d’entreprises de spoliation que des actionnaires sans scrupules organisent sur le territoire avec des retours sur investissement pharamineux. Veillons à ne pas laisser mettre en place une pompe à fric sur le dos du pays et de patrimoine, comme ce fut le cas avec les microcentrales. L’initiative privée est certes intéressante mais l’usage démontre qu’elle doit être sérieusement encadrée et contrôlée.

C’est sur la base de ces quelques règles simples et de ces objectifs citoyens que nous suivront l’évolution des projets éoliens en Commission des Sites où nous siégeons officiellement.

 Daniel SOULARUE, CORREZE environnement, extrait de « Lo direm », 2006

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